Trois ans et demi après la disparition de Kildine, sa mère, Aimée Menu, parvient enfin à évoquer le drame. Mais elle refuse de considérer le meurtre de sa fille comme une fatalité. Cette femme brisée, qui vient de publier un livre, « Kildine est vivante » (lire en encadré) , envisage de déposer plainte contre l’Etat pour « non-assistance à personne en danger ».
Kildine, 16 ans, avait été tuée le 27 août 2006 par l’ex-compagnon de sa mère. Elle avait été abattue en forêt de L’Isle-Adam de deux coups de fusil tirés à bout portant, alors qu’elle se rendait au petit matin à son job d’été au centre commercial du Grand-Val. Deux heures plus tard, l’assassin s’était donné la mort chez lui, au Mesnil-Aubry, un village au nord de Sarcelles, après avoir téléphoné à Aimée afin de lui faire part de son geste horrible, « pour qu’elle ne l’oublie jamais ».
Menacée plusieurs fois
Une semaine après le drame, la maman meurtrie avait reçu dans sa boîte aux lettres le journal intime que son ex-compagnon avait posté avant de se suicider. « Il y décrivait point par point ce qu’il allait faire, rapporte cette femme de 43 ans, des sanglots dans la voix. Il avait choisi la date de son passage à l’acte pour que l’enterrement de Kildine tombe au moment de mon anniversaire… » Un scénario machiavélique qui aurait pu être déjoué, selon Aimée Menu. La mère éplorée dénonce aujourd’hui « le manque d’assistance et de protection » de la part des forces de l’ordre. Aussi bien quand elle est allée au poste de police après l’intrusion chez elle de son ex-concubin, venu prendre les meubles, qu’après avoir été agressée toujours par cet homme à la sortie de la gare, au point de se retrouver au sol. Il l’avait aussi menacée plusieurs fois par téléphone. « Quelques jours avant le drame, il était venu me parler de son suicide si je ne reprenais pas notre relation, m’indiquant qu’il ne partirait pas seul. Au commissariat de L’Isle-Adam, les policiers n’ont pas pris ma première plainte parce qu’il n’y avait pas eu d’effraction, ni la seconde car je n’avais pas de certificat médical pour coups et blessures », soupire la maman orpheline, qui rappelle que son ex-compagnon « possédait deux fusils posés à la tête du lit ».
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