Trois hélicoptères de la Sécurité civile, deux camions lanceurs d’eau, un véhicule allemand blindé pour évacuer les barricades, un matériel d’obstacle de rue, trois compagnies de CRS, un groupement opérationnel, un groupe de cadet de l’Ecole nationale de police de Reims et une unité de la Bereitschaftspolizei de Sarrebruck avaient pour point de chute la base aérienne de Toul-Rosières. Au programme du jour, un exercice interunités en conditions réelles pour optimiser la coordination des moyens lors d’opérations de maintien de l’ordre interfrontalières.
Des situations rencontrées à l’occasion, notamment, de grands sommets. En 2003, le G8 d’Evian avait été le théâtre de violents affrontements et de nombreuses émeutes avaient frappé le centre-ville de Genève. A l’époque, les « casseurs » se rabattaient sur la cité suisse faute de pouvoir en découdre en France et son dispositif « dissuasif ».
Modes d’engagement différents
Plus récemment, en avril 2009, c’est le sommet de l’OTAN à Strasbourg qui sonnait le ralliement des Blacks Blocks et autres organisations altermondialistes. Ces derniers étaient venus pour perturber la tenue du sommet et s’en prendre au centre historique de la ville. C’est à cette occasion que les CRS ont eu, pour la première fois, l’opportunité de travailler sur le territoire national, et de manière combinée, avec les forces de police allemandes et ont pu ensuite se déplacer sur le sol allemand avec armes et matériels.
Et c’est bien pour optimiser ces opérations de coopération que des exercices comme celui d’hier sont mis en place. Les modes opératoires et d’engagement étant différents d’un pays à l’autre, il convient donc de mettre au point des méthodes de travail et surtout de commandement. Pour cette journée, la BA 136 a été coupée en deux - un côté allemand et un côté français -, la voie ferrée faisant office de frontière. En France, la CRS 36 de Thionville et la CRS 30 de Metz avaient en charge la mise en sécurité d’une centrale nucléaire vers laquelle convergeait un groupe de manifestants - « joués » pour l’occasion par les cadets de la police nationale de l’ENP de Reims et par la CRS 39 de Jarville, renforcée par une quarantaine de policiers allemands. Une manifestation qui rebroussait chemin pour trouver « refuge » sur le « territoire allemand » sur lequel d’autres manifestants battaient le pavé. Et ce, jusqu’au point de rencontre.
C’est à cet instant que devait s’organiser le commandement pour coordonner les forces de l’ordre et leur mode opératoire. Côté français, on avançait groupés, boucliers aux bras, face à la manifestation. Côté allemand, on évoluait sans bouclier tout en encerclant le cortège au plus près et en effectuant régulièrement des « extractions » de meneurs.
La suite des opérations se déroulait dans l’enceinte de la « centrale nucléaire » avec l’héliportage de la CRS 36 qui venait en renfort pour faire face à un éventuel « mouvement arrière ». La quatrième phase arrivait après deux heures d’exercice avec l’ensemble des manifestants qui se redirigeaient vers la France où les autorités locales faisaient cette fois appel à un renfort allemand. Le blindé germanique Sonderwagen entrait en action et dégageait les barricades… La dispersion pouvait alors débuter sous les regards attentifs des nombreux officiels qui avaient fait le déplacement pour l’occasion.
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CRS et fier de l'être