http://www.youtube.com/watch?v=-Djjppi-roM&feature=player_embedded
D'abord les émeutes de Clichy-sous-Bois en 2005. "On est sortis perdants.
Après sur le terrain, plus rien n'a été comme avant", confesse un policier -,
Puis celles de Villiers-le-Bel, où les vraies balles ont remplacé les armes de fortune, blessant plus de trente policiers*. Pour la première fois, des flics "de base" témoignent, disent la peur, la fatigue, l'effarement surtout, face à un tel déchaînement de haine. Les mots sont forts, sans appel : un jour, ils basculeront. Comprendre : attention, un jour, ils répliqueront. Au front, incompris de leur hiérarchie, dénigrés par une partie de la population, lynchés par l'autre, ils sont acteurs et victimes de cette fameuse "fracture sociale". Au moins autant que ceux qui, chaque jour, sur le terrain des banlieues, les défient.
Mais l'appel au secours va bien au-delà. En province, où sous le poids de la culture du chiffre et le regard mauvais de la population, les policiers se transforment en "machines à timbres-amendes" jusqu'à la dépression et, parfois, jusqu'au suicide. Le documentaire s'achève sur ce constat et nous emmène en Touraine, dans un centre de soins animé pour et par la police, où l'on prend toute la mesure humaine du problème.
Sans jugement, sans vaine tentative d'analyse, juste avec des faits - violents - et des témoignages - terribles -, Jean-Michel Décugis et François Bordes vont donc bien plus loin que la relation entre Sarkozy et les flics. Ils dressent une radiographie sociale radicale, en forme de coup de poing.
"La Police et Sarko". Documentaire de Jean-Michel Décugis et François Bordes. Le mardi 8 juin à 20 h 35, sur Arte.