Hervé, restaurateur de 49 ans, se remet doucement de ses émotions à la polyclinique de Biarritz. Lundi, alors qu'il se baignait avec d'autres membres des Ours blancs, un groupe de nageurs local, il s'est fait surprendre par la houle dans la petite crique du Port Vieux. Ses amis ont réussi à regagner la plage, mais pas lui. Blessé, épuisé, et fortement balloté, Hervé est incapable de saisir la bouée reliée à un filin qu'on lui a envoyé. Il est alors voué à une noyade quasi-certaine. David Dubes, policier au commissariat de Biarritz, est en patrouille dans le secteur lorsqu'il est prévenu de la situation par un appel du 17.
"C'est un endroit très abrupte, en forme de fer à cheval, raconte à TF1 News le policier. On était en plein pic de houle, avec des vagues de 3-4 mètres qui arrivaient en déferlante pour se briser contre la falaise. Lorsque j'ai aperçu la personne dans l'eau, j'ai vu qu'elle était blessée au front et que seul le bout de sa tête dépassait ce qui signifie qu'elle était déjà à un stade avancé de la noyade". David Badès, en plus de son métier de policier, s'avère être spécialiste du sauvetage côtier et collectionne les titres de champion de France de Surf et de Bodyboard. Pour lui, c'est évident, l'homme est à bout de force et c'est une question de minutes.
"Il fallait le faire ou s'en était fini pour lui"
Bien qu'il soit en mission depuis 4 heures du matin, il se déshabille et trouve l'énergie pour sauter. Au péril de sa vie ? "par expérience, je savais que dans ce genre de cas les pompiers sont très rapides à intervenir. Du coup, j'ai sauté, attrapé la bouée pour que la victime s'y accroche et je l'ai maintenu en surface tout en l'écartant de la falaise". Moins de dix minutes plus tard, deux pompiers le rejoignent dans une eau à 15°. Constatant qu'il n'y a aucun autre moyen que l'hélitreuillage pour s'extirper du piège tendu par la mer, ils attendent encore dix minutes l'arrivée de l'hélicoptère de la gendarmerie tout en se relayant pour soutenir la victime. Au final, hormis quelques points de sutures à la tête, le restaurateur s'en sort avec une énorme frayeur.
David refuse aujourd'hui le qualificatif de héros : "Je connaissais bien l'endroit et mes capacités. Il fallait le faire ou s'en était fini pour lui, c'est tout". Et d'avouer un peu gêner que pour l'heure, plus que l'admiration il faisait surtout l'objet de la tendre risée de ses copains sauveteurs car lors de son hélitreuillage, il a perdu son caleçon et s'est retrouvé nu comme un ver en plein ciel...
(Des photos impressionnantes du sauvetage sont visibles sur le blog prévention-surf)
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"N'écoutez pas les critiques, prenez des risques" Claude Lelouch