Seize armes et quatre personnes entendues : c’est le bilan de l’opération d’envergure menée hier sur un campement de gens du voyage.
Assistés des hommes de la CRS 38 de Mulhouse, les fonctionnaires de police de Troyes ont investi le campement de Sainte-Savine vers 11 h, hier matin. Face aux gens du voyage : une centaine de policiers unis pour mieux impressionner. Une opération rythmée et orchestrée pour étouffer toutes mauvaises intentions. Car les renforts n’ont pas été sollicités par hasard.
Dans la nuit de samedi à dimanche, vers 1 h du matin, une patrouille de la brigade anti-criminalité repère deux véhicules stationnés à proximité de la déchetterie de La Chapelle-Saint-Luc. Une situation qui engage les deux fonctionnaires à procéder à un contrôle. Mais les conducteurs prennent la fuite en direction du campement situé à quelques kilomètres de là. À vive allure, l’une des fourgonnettes s’engouffre dans le chemin qui mène aux caravanes. À bord se trouvent deux individus.
Les policiers ne lâchent pas la course-poursuite et, comme ceux qui tentent de leur échapper, immobilisent leur véhicule dans le campement. Ils parviennent à interpeller l’un des deux hommes mais immédiatement plusieurs personnes les entourent.
« La police ne se fait pas tirer dessus impunément »
Ils seront contraints de faire usage de leur bombe lacrymogène afin d’échapper à la colère d’une dizaine d’individus. Tellement menaçants que les fonctionnaires ne prennent pas le temps de menotter l’homme qu’ils vont conduire au commissariat. Alors qu’ils quittent les lieux, une détonation retentit. Deux tirs touchent la lunette arrière et l’un des phares de la voiture. Les policiers viennent d’être pris pour cible.
Placé en garde à vue et entendu, Victor Weiss est libéré dans la journée de dimanche. Parallèlement, l’opération prévue pour être menée dès le lendemain s’organise. Elle aura lieu à 11 h. « La police ne se fait pas tirer dessus impunément », martèle le directeur départemental de la sécurité publique.
Déterminées à répondre à l’agression, les forces de l’ordre vont perquisitionner minutieusement chacune des caravanes. Ils progressent sans incident dans un climat tendu.
Le nombre de policiers engagés dans le dispositif dissuade les plus agressifs. Armes au poing, les CRS assurent la sécurité de leurs collègues.
Une vingtaine de minutes après leur arrivée, un premier homme est menotté et conduit au commissariat. Ils seront quatre à s’expliquer, dont deux sous le régime de la garde à vue. L’emplacement de leur caravane, mais aussi les armes retrouvées chez eux, font de ces hommes des suspects éventuels. L’un d’eux est peut-être celui qui a tiré.
Au fil de leurs recherches, les fonctionnaires saisissent des armes. De nombreuses armes à feu, seize exactement, dont une carabine à lunette munie d’un silencieux. L’opération aura duré deux heures.
Hier en fin de journée, les enquêteurs poursuivaient leurs auditions afin de cerner les responsabilités des quatre hommes. « Au-delà de la réaction, l’intervention était menée afin d’identifier les auteurs des tirs, ce qui est en bonne voie.»
Source : L’Est Eclair
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CRS et fier de l'être