Les familles des deux adolescents morts électrocutés à Clichy-sous-Bois en 2005 après une course-poursuite avec la police vont déposer une citation directe pour "mise en danger délibérée de la vie d'autrui" contre les policiers.
Au nom de leurs enfants, elles ne lâcheront pas. Les familles des deux adolescents morts électrocutés à Clichy-sous-Bois en 2005 après une course-poursuite avec la police ont annoncé mercredi qu'elles allaient déposer une citation directe devant le tribunal correctionnel de Bobigny pour "mise en danger délibérée de la vie d'autrui" contre l'ensemble des policiers concernés par cette affaire, soit une quinzaine. Le 27 octobre 2005, Zyed Benna, 17 ans, et Bouna Traoré, 15 ans, étaient morts électrocutés dans un transformateur EDF où ils s'étaient réfugiés après une course-poursuite avec des policiers. Un troisième adolescent, Muhittin Altun, avait survécu. Des violences urbaines avaient démarré le soir même à Clichy-sous-Bois et s'étaient étendues à l'ensemble des banlieues françaises. L'état d'urgence avait même été décrété le 9 novembre.
Clichy-sous-Bois : non-lieu pour les deux policiers
Mort de Zyed et Bouna : non-lieu requis pour les policiers
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Clichy-sous-Bois : le non-lieu pour les 2 policiers provoque la colère - 2min 19s
Cette citation à comparaître, annoncée par leur avocat, maître Jean-Pierre Mignard, intervient quelques instants après le non-lieu prononcé mercredi par la cour d'appel de Paris en faveur de deux policiers initialement renvoyés devant un tribunal pour "non-assistance à personne en danger". "Ce que nous voulons, c'est une audience publique. Puisqu'on a voulu nous fermer la porte sur le délit de non-assistance à personne en danger nous allons poser une autre question", a déclaré Me Mignard lors d'une conférence de presse. "Qu'est-ce qui justifie que 15 fonctionnaires de police se jettent à la poursuite d'enfants en pleine après-midi alors qu'aucune infraction n'a été commise, les affolant, les poursuivant et les cernant à proximité d'un site mortellement dangereux?", a ajouté l'avocat.
Me Mignard : "Nous irons jusqu'au bout" - 44 s
Les familles vont se pourvoir en cassation contre ce non-lieu. "C'est une justice de peur qui a été rendue ce matin", a affirmé jean-Pierre Mignard. Mais "nous irons jusqu'au bout", a-t-il ajouté en accusant le parquet de n'être "pas indépendant" et "pas impartial". "C'est un parquet complètement dépendant du pouvoir politique. Le pouvoir politique a toujours une responsabilité dans un dossier ô combien surveillé!". De son côté, l'avocat des deux policiers concernés s'est réjoui de la décison de la cour d'appel. "Le dossier a toujours été vide", a dit à l'afp Me Daniel Merchat. Après cinq ans, ses clients "voient enfin leur honnêteté professionnelle reconnue".
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